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# Posté le samedi 19 novembre 2005 07:05

Modifié le vendredi 22 juin 2007 06:12

Schavarch MISSAKIAN (1884 - 1957)

Schavarch MISSAKIAN (1884 - 1957)
Bien que né près de Sébaste le 15 août 1884, Schavarch Missakian quitte son village natal avec sa famille à l'âge de six ans pour s'installer à Constantinople. Il fait ses études secondaires à l'école centrale arménienne de Constantinople.
Dès l'âge de seize ans, il commence sa carrière journalistique et ses premiers écrits sont publiés dans Sourhantag (le Messager).
En 1908, date de la proclamation de la Constitution de l'Empire Ottoman, il publie l'hebdomadaire littéraire Astag. A la même époque, il fonde la librairie Ardziv dans le but de pouvoir diffuser la littérature révolutionnaire des Arméniens du Caucase, interdite à l'époque par Abdul Hamid.
Puis en 1911-1912, il quitte Constantinople pour devenir rédacteur en chef du journal Haratch d'Erzeroum. Durant cette même année, il se rend pour la première fois en Arménie avec Rostom (l'un des trois fondateurs de la FRA Dachnagtsoutioun). De retour à Constantinople, il intègre l'équipe de rédaction d'Azadamard, organe du Comité Central du Parti.
En avril 1915, Azadamard est interdit par le gouvernement Jeunes Turcs. Plus de 200 intellectuels prennent le chemin de la déportation où la plupart seront massacrés.
Schavarch Missakian n'est pas arrêté et décide alors de vivre clandestinement pendant un an dans le quartier de Péra à Constantinople. De sa cachette, il rassemble des documents importants sur le génocide des Arméniens qu'il fait parvenir à l'étranger par des moyens secrets. Le gouvernement turc arrête alors son père, Alexandre Missakian mais celui-ci ne révèle pas la cachette de son fils. A l'été 1915, Alexandre Missakian est envoyé en exil à Konia. Après quelques temps, il parvient à s'échapper secrètement et retourne à Constantinople.
C'est en 1916 que Schavarch Missakian tente de passer en Bulgarie avec le soutien de Vladimir Dimitrief. Mais ce dernier est en fait un espion au service de la police turque qui dénonce Schavarch Missakian au moment même où il s'apprête à embarquer : le 16 mars 1916, il est arrêté et emprisonné. Tous les documents secrets qu'il avait sur lui sont remis à l'indicateur Haroutioun Meguerditchian qui les remet ensuite à Sureyka Bey. Pendant trois mois, menottes au poing, il subit toutes sortes de tortures mais il ne révèle aucun secret. Puis il est emmené à la prison militaire où il subit à nouveau des supplices et des coups : il refuse toujours de parler.
Un jour, ne supportant plus les souffrances et les atrocités dont il est victime, Schavarch Missakian décide de mettre fin à ses jours et se jette du troisième étage de la prison. Malgré de graves blessures, il survit et le 9 juin 1917, il est conduit à la prison centrale de Constantinople où il y restera jusqu'à sa libération, le 27 novembre 1918, date de l'occupation de la ville par les alliés. A l'armistice en 1918, il devient rédacteur en chef de Djagadamard, qui remplace Azadamard.
En 1919, il se rend à Erevan en tant que délégué au neuvième congrès du Parti.
Puis de 1921 à 1923, il va en Europe pour visiter de nombreux pays tout en parvenant à assurer ses éditoriaux pour Djadagamard. En 1924, il vient pour la première fois en France et est délégué au dixième congrès du Parti (Paris, novembre 1924-janvier 1925). Il est alors élu membre du Bureau Mondial de la FRA, qui constitue l'organe exécutif central du Parti. Il sera réélu en 1929.
A Paris, en 1925, il fonde le bi-quotidien Haratch, qui devient le 1er janvier 1927, le premier quotidien grand format arménien en Europe. De 1925 à 1933, il édite aussi Drochak avec Simon Vratsian et Archak Djamalian.
Durant l'occupation, il est privé du plaisir du journalisme. Il vit difficilement et publie quelques recueils littéraires. En 1942, les Allemands lui proposent de republier " Haratch " en lui fournissant imprimeries et papiers. Ils espèrent ainsi recruter en échange des ouvriers arméniens pour l'Allemagne. Mais Schavarch Missakian refuse catégoriquement.
A la fin de la guerre, le 8 avril 1945, le quotidien " Haratch " paraît à nouveau mais en petit format. C'est à ce moment que Schavarch Missakian prend conscience que la jeunesses arménienne, durant la guerre, n'a pu se réunir. Il pense que l'avenir de la cause arménienne est entre les mains des jeunes et qu'il faut leur donner les moyens de préserver leur patrimoine culturel, historique et linguistique. Ainsi, dans ce contexte, l'idée lui vient de créer la FRA Nor Seround. De 1946 à sa mort, il se donne corps et âme au journalisme tout en continuant son activité de militant au sein du Parti et de soutien permanent pour la jeunesse arménienne.
Il meurt le 26 janvier 1957 à l'âge de 72 ans d'une congestion cérébrale foudroyante. Son enterrement a lieu au Père Lachaise où la population arménienne est présente en nombre. Son cercueil est porté par des Dachnagtsagans et des Norseroundagans. Un membre du Comité Central du Nor Seround fait un discours à sa mémoire. L'archevêque de Paris, Manoukian, prononce une oraison et cite les mots que Schavarch Missakian avait l'habitude dire à la mort d'une personne : " Nous perdons à nouveau un être que l'in ne pourra remplacer ".
Schavarch Missakian était un homme intelligent et un grand journaliste dont les articles ont marqué la communauté arménienne de France durant de longues années. Mais c'était avant tout un homme simple, tolérant et fraternel qui a su garder son impartialité et sa clairvoyance. Il fut un véritable éducateur pour les Norseroundagans de son époque, qu'il a toujours encouragés à persévérer et à aller de l'avant.
Depuis presque 55 ans maintenant, la FRA Nor Seround a permis à de nombreuses générations de prendre conscience de leur arménité et de s'investir pour la cause arménienne.
Nous Norseroundagans du 21ème siècle, te devons notre mouvement.
Merci d'avoir laissé ce bel héritage à la jeunesse arménienne.
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# Posté le samedi 19 novembre 2005 06:54

Modifié le vendredi 22 juin 2007 07:31

Et le Nor Seround fut...

Et le Nor Seround fut...
1945, la France vient de sortir de la guerre. Le cercle "familial" qui était constitué des proches et des amis allait peu à peu s'agrandir. Il était temps de rassembler la jeunesse arménienne qui, pendant les six années que dura le conflit, n'avait que peu d'occasion de rencontrer d'autres jeunes. C'est ainsi que la FRA Dachnagtsoutioun pris l'initiative de réunir la jeunesse arménienne et chargea Schavarch Missakian de "mettre la machine en route". A Paris tout d'abord, où les enfants de Dachnagtsagans allaient devenir les premiers "norseroundagans". Sous la responsabilité du "Raffi khoump", un groupe de la FRA constitué exclusivement de jeunes, qui composa également le premier Comité Central et sous l'oeil attentif d'un Missakian qui quittait le journal "Haratch" pour arriver le premier en réunion, le Nor Seround allait s'organiser, s'étendre, devenir un véritable mouvement de jeunesse : le premier en France.

En 1947, l'organisation tient son premier Congrès. Les Arméniens n'avaient alors pas de locaux leur appartenant, et le siège de la SFIO (ancêtre lointain du P.S.) rue Victor Massé fut choisi pour tenir le 1er congrès National de la FRA Nor Seround qui débuta le 1er mars. La trentaine de délégués, venus aussi bien de banlieue que de province, allait donc participer au "congrès fondateur" d'un Nor Seround qui venait tout juste de souffler ses deux bougies. Madeleine Ulubeyan, qui alors s'appelait Meguerditchian, se rappelle des délégués marseillais, venus représenter la dizaine de groupes de la cité phocéenne et de sa banlieue, revendiquer "six cents membres" et de déclarer "nous serons mille l'an prochain". Le nombre de militants au Nor Seround était alors de 850. C'est à ce Congrès que fut décider d'organiser "une grande colonie de vacances d'été" (cf. Haïastan n°02 d'avril 1947 article signé Jiraïr T.).

Madeleine Ulubeyan se rappelle du "premier panagoum en 1953" avant qu'Ara Bibérian la reprenne, un peu agacé "le premier panagoum c'est 1947 !" à Seyssins dans la région de Grenoble. Il y était avec une dizaine de norseroundagans venus de Paris et Marseille, et participer à un événement de taille : la naissance d'une institution. Comme pour se rattraper elle renchérit "le premier grand panagoum c'est 1953". Fallait-il ou non que le panagoum soit mixte, nos norseroundagans d'antan se rappellent d'un Congrès où un certain Mavian alpaga les anti-mixité. C'était décidé, le panagoum sera mixte.

Retour dans le quartier de Pigalle. Le premier Congrès, c'est aussi l'aboutissement d'une première étape pour le Nor Seround, étape menée par le premier (forcément) Comité Central composé de Lucie Hanemian, Vahé Manoukian, Loris Babanian, Hovig Yéghiazarian, Bédros Bédikian et Meguerditch Tahmazian (les archives de cette époque étant rare, l'erreur est plus qu'humaine).

"Haïastan" reparaissait depuis le mois de mars 1947. Reparaître c'est bien le mot à utiliser. En janvier 1939, quelques mois avant le conflit mondial, est édité à Paris un mensuel, "Haïastan", revue de la jeunesse arménienne dirigée par le "Raffi Khoump" que l'on retrouvera en 1945. Le dernier numéro d'août 1939 se terminera par "suite mobilisation..."

Le Congrès du Nor Seround se devait (et se doit toujours d'ailleurs) d'adopter une motion sur l'Arménie, si bien que le premier congrès adopta "à l'unanimité une motion demandant le retour immédiat des territoires arméniens sous domination turque à l'Arménie actuelle, dans le strict but de réparer une injustice flagrante que la Parti Socialiste Arménien (ndlr, la FRA Dachnagtsoutioun) a dénoncé depuis vingt-cinq ans" et de se réjouir "des efforts entrepris pour assurer le retour vers la mère patrie de nombreux compatriotes" (cf. Haïastan, 1947). Le premier congrès venait de s'achever par Mechag Panvor, nous sommes le 3 mars 1947, il est 19 heures. Pendant de longues années, en référence à ce premier congrès, chaque mois de mars voyait se tenir un "Nor Seroundi or".

En soixante années, le Nor Seround aura tenu trente neuf congrès nationaux et deux internationaux, organisé pas moins de cinquante camps nationaux et participé à quelques camps internationaux. Palmarès que peu d'Association de jeunes Arméniens peuvent "afficher".
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# Posté le samedi 19 novembre 2005 06:51

Sako

Membre du groupe n'ayez pas peur de son apparence c'est quelqu'un de tres gentil qui met l'ambience c'est notre Cauet de décines
salutation a notre oncle Fétid
Sako

# Posté le samedi 19 novembre 2005 06:44

Modifié le vendredi 22 juin 2007 06:12

Mickael

Membre du groupe
Mickael

# Posté le samedi 19 novembre 2005 06:40